Et voilà, encore un arrêt de travail ! Mais qu'ont-ils donc tous à souffrir de
lombalgies ? Ces douleurs de dos sont elles physiologiques ou somatiques ? Et puis, ces mots de tête, dont certains se plaignent. Pourtant nous avons fait analyser l'air dans les
ateliers et les bureaux - rien à signaler - dit le rapport d'expert.
Pression interne ou externe ?
La pression externe, peut-être ? Non, pas la pression atmosphérique, celle de la vie, le stress induit par notre mode de vie. La perte de pouvoir d'achat. Réelle ? Oui parce que
réellement ressentie, mais certainement artificiellement crée par de nouveaux besoins : téléphone, I-pod, GPS et climatisation dans l'automobile, vacances, ordinateurs et jeux vidéos, écrans
plats, .... Mais comment donc pouvait-on vivre avant tout cela ? Et lorsque l'on tente de résister, c'est la pression des enfants et du conjoint qui nous rappelle à l'ordre, eux-mêmes
pressés par leur environnement. On se demande parfois si l'on n'est pas des 'ratés' de la société pour ne pas réussir à mieux subvenir aux 'besoins' de la famille. Et j'allais oublier, il y a le
petit dernier à conduire à la crèche sur le chemin du travail, depuis que sa mère travaille pour payer les vêtements de marque sans lesquels nos chérubins auront l'air de pauvres malheureux à
l'école.
C'est donc clair, le mal vient de l'extérieur, c'est la cause de cette épidémie : la perversité du marketing qui crée de faux besoins. Le stress de la vie qui vient ronger les capacités de
nos employés et même de nos cadres. Mettons donc en place des groupes de parole pour les plus stressés, installons des crèches d'entreprise ou inter-entreprises, un pressing, une laverie,
la maintenance des voitures des employés sur le parking ... en un mot, facilitons la consommation. Mais n'est-ce pas contradictoire en ces temps de retour à l'écologie ? Ne sommes nous pas
en train de dire à nos employés qu'il faut consommer moins - moins de tabac, moins d'alcool, moins de vitesse, moins de carburant, moins d'électricité, moins de papier, ... mais, plus de nos
produits ou de nos services !
Mais Franck Ledur (il porte bien son nom celui-là), comment peut-il craquer ? Célibataire, il a un bel appartement hérité de son oncle, un joli coupé sport qui lui permet de ramasser les
conquêtes 'amoureuses' à la pelle. Bien sûr, il est sous les ordres de Richard Doublon, un vieux de la vieille qui n'a jamais tords, on le surnomme « J'veux pas l'savoir ». Toujours à
exiger l'impossible et à donner deux ordres contradictoires à dix minutes d'intervalle. On a bien tenté un coaching individuel il y a deux ans, pense Éric Lecoule, le Directeur des ressources
humaines. Six mois après, il avait repris ses habitudes d'antan - chassez le naturel, il revient au galop !
Après tout, ce n'est pas toujours vrai, Michel Hange, le responsable sécurité et environnement a bien changé son comportement, lui ! Il est vrai qu'au moment de son coaching individuel,
l'organisation a été modifiée. Il a été rattaché au Directeur de l'usine et il n'est plus en charge des travaux neufs. Richard Doublon, pour sa part est mesuré principalement sur la productivité
de son personnel et sur les dépenses de son département. Et puis, il y a la pression des délais, les clients veulent tout, tout-de-suite. Il faut être exigeants envers les services amont, si l'on
veut y parvenir. Ainsi, sous cette double pression du coût et du temps, chacun transfert un travail bâclé « ni fait, ni à faire ». On le reçoit ainsi de l'amont et on le transfert ainsi
vers l'aval.
Double langage ?
« Les hommes sont la source de la créativité et de la qualité dans l'entreprise » stipulent les valeurs de l'entreprise affichées dans le hall ... et on mesure la créativité !
« Le travail en équipes est une richesse première » dit en couverture le document de communication aux actionnaires ... et on ne mesure pas l'activité des groupes d'amélioration au sein
des « unités autonomes ».
Pire encore, se dit Éric Lecoule, les entretiens individuels de progrès ne couvrent pas cet aspect. Il faut que je change cela, c'est dans ma responsabilité. Dès que j'aurai un moment pour
m'échapper des urgences de la gestion au quotidien des maladies, des embauches, des départs et de toutes les obligations administratives.
Et puis, il y a ce sentiment d'injustice que ressentent ceux de la production. Ils rament pour servir les clients alors que les commerciaux qui ont vendus 30 % de plus que leurs prévisions
touchent des primes. Personne n'est dupe, les prévisions sont sous-évaluées pour satisfaire la bourse par des surprises positives et inciter les vendeurs par des primes plutôt que des salaires
élevés qui créeraient des tensions internes ... qui finalement sont bien là !
Euréka, s'écrit intérieurement Éric, je le tiens le motif de cet absentéisme, de ces maladies, le coupable ne peut plus être bien loin. Cette tension, ce stress, viennent d'un manque de clarté
dans les objectifs, d'un manque de reconnaissance du travail accompli. C'est ce double langage dont nous ne sommes plus conscients ! C'est le message que voulaient me faire passer Cristina,
Pierre, Gilles et Philippe lors de ce dîner débat sur le stress. Qu'ont-ils donc écrit ?
L'organisation « perverse narcissique »
Les mesures de résultat dans un grand nombre d'entreprises sont des éléments d'un message paradoxal. Cela constitue une véritable communication perverse envers les employés. Ils ne peuvent en
effet échapper à la critique, la réussite est impossible : On organise l'entreprise suivant des processus orientés client et on mesure les performances suivant des découpages fonctionnels.
Dans un conformisme de bon aloi, ceux qui sont en mesure de parler et en particulier les membres du Comité de Direction, les actionnaires et les représentants syndicaux, institutionnalisent cette
perversité. Il faut s'organiser pour servir le client d'une part - il faut mesurer la productivité de chacun pour la survie de l'entreprise dans un marché financier ouvert. On voit ainsi se
mettre en place une véritable culture de maltraitance, de harcèlement moral des travailleurs, d'auto-harcèlement même !
Le dialogue ne peut s'établir avec les victimes par l'existence même du paradoxe. L'objectif du manager intermédiaire étant le résultat de mesures partielles et paradoxales ... c'est un système
en parfaire homéostasie par construction. Il ne s'intéresse qu'à sa propre propagation, « pour le bien de l'entreprise » vous diront tous ceux qui le pratiquent au quotidien. Pensée
moutonnière, ou vérité profonde et démontrée.
Stress et cholestérol
Et s'il y avait un bon et un mauvais stress ? Et s'il était possible de changer l'équilibre ? Après tout un vieux comédien qui n'a plus le trac en entrant en scène n'est plus qu'un
cabot. Et un sportif de haut niveau qui ne cherche plus à vaincre ses concurrents ne gagnera jamais plus aucune course. Un certain stress peut donc être positif. Comment atteindre cet équilibre
magique qui va libérer le potentiel de votre entreprise en nettoyant les canaux de communication du cholestérol lié au mauvais stress ? Existe-t-il des statines pour l'entreprise ?
Heureusement non ! En effet, rien ne vaut une médecine douce, plutôt que de traiter les conséquences, éliminons les causes, travaillons sur le système. Mettons en harmonie la vision, la
stratégie et les mesures. Intégrons les organisations, facilitons les relations horizontales, dans le sens des processus. Apprenons à véritablement travailler en groupe, éliminons l'effet Janis
qui conduit à des consensus mous pour faire apparaître de véritables choix acceptés. Ainsi, plus besoin de statines ... plus besoin de traiter le stress individuel.
Mais comment y parvenir, le mal est tellement ancré dans l'entreprise, profond, diffus ? Comment éliminer toutes ces causes, et puis où sont les causes profondes ? Et si au lieu de
s'occuper des problèmes on s'occupait des solutions ? Qu'adviendrait-il des problèmes si une nouvelle façon d'être et de faire se mettait en place dans l'entreprise ?
... Ils se dissoudraient purement et simplement, comme des chimères qu'ils sont, après tout !
Appelez-nous, nous vous présenterons des solutions efficaces avant que les artères de l'entreprise ne craquent !